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Football

La menace d’un boycott se précise : l’UEFA hausse le ton face à la FIFA

Par Derossi Kitenge30 juillet 20263 min de lecture
La menace d’un boycott se précise : l’UEFA hausse le ton face à la FIFA

La crise institutionnelle qui secoue le football mondial est entrée dans une nouvelle dimension. Opposée au projet de la FIFA d’ouvrir 20 % des droits commerciaux de ses compétitions à des investisseurs privés, l’UEFA envisage désormais des mesures de rétorsion inédites, allant jusqu’à évoquer un boycott de futures compétitions organisées par la FIFA si le projet n’est pas profondément revu. Cette option est discutée dans le cadre des consultations menées entre les 55 fédérations européennes, même si aucune décision n’a encore été prise.

Au cœur du conflit figure le projet FIFA Forward Enterprise (FFE), une nouvelle société qui regrouperait les droits commerciaux de la Coupe du monde, de la Coupe du monde des clubs ainsi que les revenus liés au sponsoring, aux droits télévisés, au marketing et à la billetterie. La FIFA souhaite céder 20 % de cette entité à des investisseurs privés afin de lever plusieurs milliards de dollars pour financer son développement mondial.

Un boycott désormais évoqué en interne

Face à cette réforme, l’UEFA estime que la FIFA agit sans véritable consultation des principaux acteurs du football. Selon plusieurs sources concordantes, un boycott de futures compétitions de la FIFA, y compris de certaines compétitions internationales, fait partie des scénarios évoqués lors des discussions d’urgence organisées par l’instance européenne. Il s’agit toutefois d’une option à l’étude, et non d’une décision officielle.

Une telle mesure constituerait un séisme sans précédent. Les sélections européennes représentent une part essentielle de l’attractivité sportive et économique des compétitions de la FIFA. Une absence de nations comme la France, l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie ou le Portugal bouleverserait l’équilibre sportif, les audiences télévisées et les revenus commerciaux des tournois.

L’opposition s’étend à travers le monde

L’UEFA n’est plus seule dans ce bras de fer. Après la CONCACAF, la Confédération asiatique (AFC) a également exprimé ses réserves, dénonçant le manque de transparence entourant le projet et l’absence de consultation préalable. Cette convergence entre plusieurs grandes confédérations renforce la pression sur Gianni Infantino à quelques semaines du vote attendu des 211 fédérations membres.

Plusieurs organisations représentant les ligues professionnelles, les clubs et les joueurs ont également affiché leur opposition, estimant que la Coupe du monde ne doit pas devenir un actif financier destiné à des investisseurs privés.

La FIFA maintient son cap

Malgré cette contestation grandissante, la FIFA continue de défendre son projet. L’instance assure qu’elle conservera la majorité du capital de la nouvelle société et l’intégralité du contrôle sportif des compétitions. Elle affirme également que les revenus générés permettront d’augmenter considérablement les investissements dans le développement du football mondial, avec des financements sans précédent pour les fédérations nationales.

Les prochaines semaines s’annoncent décisives. Si aucun compromis n’est trouvé entre Zurich et les grandes confédérations, le football mondial pourrait connaître l’une des plus importantes crises de gouvernance de son histoire, avec un affrontement direct entre la FIFA et une partie de ses membres les plus influents.

Journaliste sportif chez iLikeSports.

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