La fronde contre la FIFA s’élargit : l’AFC rejoint l’UEFA et la CONCACAF dans son opposition au projet d’Infantino

La contestation prend une nouvelle ampleur au sein du football mondial. Après les critiques formulées par l’UEFA et la CONCACAF, la Confédération asiatique de football (AFC) est devenue à son tour la troisième confédération continentale à s’opposer publiquement au projet de la FIFA visant à ouvrir son activité commerciale à des investisseurs privés. Cette nouvelle prise de position fragilise davantage le plan porté par le président Gianni Infantino, qui ambitionne de transformer en profondeur le modèle économique de l’instance mondiale.
Au cœur de la controverse figure la création de FIFA Forward Enterprise (FFE), une nouvelle filiale qui regrouperait les activités commerciales de la FIFA, notamment les droits télévisés, les contrats de sponsoring, le marketing, la billetterie et les revenus liés à la Coupe du monde. L’organisation souhaite céder 20 % du capital de cette société à des investisseurs privés, dans une opération valorisant FFE à près de 20 milliards de dollars, tout en conservant le contrôle des décisions sportives et réglementaires.
L’Asie dénonce un manque de transparence
Dans une lettre adressée à ses 47 fédérations membres, le président de l’AFC, Sheikh Salman bin Ebrahim Al Khalifa, a dénoncé la méthode employée par la FIFA. Il affirme que la confédération asiatique n’a été ni consultée ni informée des aspects juridiques, financiers et de gouvernance du projet avant son annonce officielle.
Pour l’AFC, une réforme d’une telle ampleur ne peut être imposée de manière unilatérale. La confédération estime qu’un dossier touchant directement à l’avenir économique de la Coupe du monde nécessite une concertation entre les six confédérations continentales avant toute décision définitive.
Un front commun contre la réforme
Cette prise de position renforce un mouvement de contestation déjà initié par l’UEFA, qui considère que « le football n’est pas à vendre », et par la CONCACAF, qui a également regretté l’absence de consultation préalable. Avec l’entrée de l’AFC dans le débat, trois des plus importantes confédérations mondiales affichent désormais leurs réserves sur le projet d’Infantino.
Selon plusieurs observateurs, cette opposition pourrait compliquer considérablement l’adoption du projet, même si la FIFA conserve un soutien important auprès de nombreuses fédérations nationales séduites par les importantes retombées financières promises.
La FIFA promet plus de 10 milliards de dollars pour le développement
Pour défendre son initiative, la FIFA assure que cette ouverture du capital permettra d’accroître considérablement les investissements dans le football mondial. L’instance prévoit un programme de développement dépassant 10 milliards de dollars, avec des financements exceptionnels pouvant atteindre 40 millions de dollars par fédération au cours des prochains cycles, si le projet est approuvé par les associations membres.
Gianni Infantino insiste également sur le fait que la FIFA resterait l’actionnaire majoritaire de FFE et conserverait l’intégralité des pouvoirs concernant les compétitions, les règlements, le calendrier international et la gouvernance du football mondial.
Un vote décisif attendu en septembre
Les 211 fédérations membres de la FIFA devront se prononcer sur cette réforme avant la date limite fixée au 19 septembre. D’ici là, les discussions devraient s’intensifier entre les différentes confédérations, alors que plusieurs organisations de joueurs, ligues professionnelles et acteurs du football réclament davantage de transparence avant toute décision.
Jamais depuis plusieurs années un projet porté par la FIFA n’avait suscité une opposition aussi large parmi les grandes instances continentales. Alors que Gianni Infantino défend une réforme destinée à générer de nouvelles ressources pour le développement du football, ses détracteurs redoutent une privatisation progressive de l’actif le plus précieux du football mondial : la Coupe du monde.




