Quelques jours après le sacre du Sénégal au Maroc, la Confédération africaine de football (CAF) sort enfin du silence. Olivier Safari Kabene, président de la Commission des arbitres de l’instance continentale, a pris position sur la très controversée affaire de la serviette du gardien sénégalais Édouard Mendy, un épisode qui a profondément marqué la finale de la CAN 2025.
Si le rideau est tombé sur la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations, le parfum de polémique, lui, continue de flotter. Au-delà du deuxième sacre continental des Lions de la Teranga, l’opinion publique retient surtout les images d’une finale sous tension : décisions arbitrales discutées, incidents en tribunes et, fait inédit, une véritable obsession autour de la serviette du gardien sénégalais.
Un scénario surréaliste en pleine finale
La finale disputée au Maroc a donné lieu à une scène pour le moins insolite. La serviette d’Édouard Mendy est devenue un objet central du spectacle, au point de créer un match dans le match. Joueurs, remplaçants, stadiers et ramasseurs de balles se sont retrouvés impliqués dans une série de tentatives pour protéger, subtiliser ou neutraliser cet accessoire devenu symbolique.
Des images ont montré des remplaçants courant derrière les buts, des ramasseurs de balles se regroupant pour tenter de s’en emparer, et des joueurs, dont Achraf Hakimi, s’interposant dans des scènes dignes d’un film d’action. Une séquence qui a terni l’image de la finale et mis le pays organisateur sous le feu des critiques.
Une sortie médiatique qui fait polémique
Intervenant sur les antennes de Canal+ Afrique, Olivier Safari a surpris par la fermeté – et la direction – de son analyse. Pour le responsable de l’arbitrage africain, le cœur du problème ne se situe pas tant dans la gestion de l’événement que dans l’usage de la serviette elle-même par le gardien.
« La serviette n’est pas un équipement officiel d’un joueur ou d’un gardien. Lorsqu’un gardien s’accompagne d’une serviette, cela doit se faire dans un esprit très sportif et avec plus de fair-play. Dès lors que cet objet devient un moyen d’influencer le jeu ou de gagner du temps, il doit être tenu à l’écart de l’aire de jeu », a déclaré Olivier Safari.
Une position qui a immédiatement suscité de vives réactions, beaucoup estimant que la responsabilité première incombe aux organisateurs et aux dispositifs de sécurité, plutôt qu’au joueur concerné.
️ L’interview en intégralité d’Olivier SAFARI KABENE, le président de la Commission des Arbitres de la CAF
– diffusée dans #TDA « Talents d’Afrique »
– sur les controverses arbitrales et l’utilisation de la VAR lors de cette 35e CAN au Maroc pic.twitter.com/qNiA26RI2B
— CHARLES MBUYA (@CharlesMbuya) January 27, 2026
Une polémique qui s’étend au-delà de la CAN
L’affaire ne semble pas se limiter à la finale de la CAN 2025. Quelques jours plus tard, un incident similaire a été observé lors d’un match de Coupe de la CAF entre le Wydad Casablanca et AS Maniema Union. Au stade Mohammed V, des agents ont une nouvelle fois tenté de s’emparer des serviettes des gardiens du club congolais, ravivant le débat sur la gestion de ces situations.
Un débat ouvert sur l’équité et le fair-play
En renvoyant la responsabilité vers les gardiens de but, la CAF ouvre un débat sensible sur l’interprétation des règles, le fair-play et les limites de l’influence psychologique dans le football moderne. Une chose est certaine : l’affaire de la serviette restera comme l’un des symboles les plus insolites, et les plus controversés , de la CAN 2025.
